8 astuces pour ne pas être un végane moralisateur

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On dit souvent aux véganes qu’ils sont moralisateurs. Juger les autres est humain et pour la plupart des gens, c’est probablement, plus ou moins, impossible de ne pas être dans le jugement la majeure partie du temps. Alors oui, comme n’importe qui, les véganes peuvent aussi être dans le jugement. Et nous pouvons très bien l’être plus encore que les autres, compte tenu de la conviction profonde que nous avons dans le fait qu’utiliser des animaux comme nourriture ou autre, est mal.

Cependant, les véganes peuvent également passer pour plus moralisateurs qu’ils ne le sont réellement aux yeux des autres. C’est du au fait que beaucoup de gens se sentent coupables de consommer des produits dont ils savent qu’ils ne s’accordent pas à leurs valeurs. Le jugement qu’ils ressentent de la part des véganes, pourrait donc être le propre jugement qu’ils ont d’eux-mêmes. C’est pourquoi ils seront souvent sur la défensive quand ils parleront à des véganes (ou même en étant seulement en leur présence).

Mais, que nous soyons réellement dans le jugement, ou que nous ayons seulement l’air de l’être, nous avons un gros problème dans les deux cas.

Pourquoi être ou avoir l’air moralisateur est un problème ? Tout simplement parce que la plupart des gens qui se sentent jugés seront probablement moins enclin à vous écouter et à changer. Personne (ou presque personne) n’apprécie quelqu’un qui juge. Quand quelqu’un porte un jugement (ou semble porter un jugement) les gens entendent ou lisent : « Ce que tu fais n’est pas bien. Pour la plupart d’entre nous, c’est déjà assez ennuyeux en soi, (nous n’aimons pas que l’on nous dise quoi faire – nous sommes adultes, vous savez ?) mais pire encore : dans nos pauvres esprit insécures c’est souvent facilement traduit par « Tu n’es pas quelqu’un de bien. »

Vous pourriez rétorquer : « Mais ma mère à changé après que je lui ai dit qu’elle était comme ceci ou cela. ». Peut-être, mais je soupçonne que cela signifie qu’elle avait déjà en elle les graines du changement. Il est beaucoup moins probable que ce soit votre attitude moralisatrice qui l’ai fait changer.
Vous pourriez penser : « Mais manger de la viande n’est pas bien, non ? Alors je devrais avoir le droit de porter un jugement sur ça. Je dois dire ce que je pense vraiment de ça… » Je comprend complètement. Nous sommes réellement convaincu que manger des produits d’origine animale n’est pas bien. Devrions nous prétendre le contraire ? Je ne dis pas cela. Mais, une fois de plus, avoir l’air moralisateur ne sera probablement pas utile pour ouvrir le cœur et l’esprit des gens au changement.

D’ailleurs, essayer de ne pas avoir l’air moralisateur n’est ni hypocrite, ni malhonnête. Nous avons des centaines de pensés chaque jours que nous n’exprimons pas aux gens (C’est mon cas, en tout cas). Je suis sur que ce ne serait pas avantageux si tout le monde pouvait toutes les entendre.

Donc je pense que nous ne prenons aucun risque en prétendant qu’une attitude moralisatrice n’est pas utile. En supposant que nous souhaitons aider les animaux, nous avons besoin d’ouvrir nos cœurs et nos esprits et le jugement tend à faire le contraire. Alors : comment éviter d’être dans le jugement ? Ce n’est pas facile, car les jugements sont des pensées et des sentiments et nous n’avons qu’un contrôle limité sur eux (beaucoup moins que sur nos actions et notre comportement). Mais voici quelques trucs pour essayer.

1. Développez votre vigilance (conscience de soi). Essayez de saisir les moments où vous vous trouvez dans le jugement. Cela demande de l’entraînement mais ça vaut le coup car la conscience de soi est très utile en général. Avoir conscience de ses propres défauts, saisir les moments où nous faisons des choses que nous ne voulons pas faire c’est vraiment important pour… Eh bien, pour la paix dans le monde, vous savez ?

2. Réalisez que vous ne connaissez pas les gens ou leur situation. Un bon exercice est d’essayer de penser à quelque chose que la personne que vous jugez pourrait vivre. Réaliser qu’elle pourrait avoir une bonne raison de faire ce qu’elle fait ou d’être comme elle est, pourrait vous rendre instantanément plus clément. Si vous êtes en colère contre quelqu’un de pressé qui vous bouscule dans la rue, vous pourriez réfléchir aux nombreuses raisons valides expliquant pourquoi cette personne est pressée.

3. Réalisez que tout le monde est différent. Nous avons été élevé de différentes manières, avons un profil génétique différent, des vies différentes. Voila pourquoi, certaines personnes pourraient avoir besoin de plus de temps que les autres, ou feraient les choses d’une autre manière. Vous pourriez essayer d’imaginer une ou plusieurs raisons que pourraient avoir les gens de ne pas être comme vous pour le moment.

4. Réalisez que vous n’êtes pas parfait. Ce n’est pas parce que vous êtes végane que vous êtes exceptionnel dans tous les aspects de votre vie. Cela revient encore une fois à la conscience de soi. Cela se résume au vieux proverbe : Que celui (ou celle) qui n’a jamais fauté, jette la première pierre. En d’autres termes : qui es-tu pour juger ?

5. Réalisez que vous avez (probablement) été un mangeur de viande à une époque. Vous avez fait les mêmes choses. Et si vous croyez que vous êtes devenu végane le jour ou quelqu’un vous a dit qu’il était mal de manger des animaux, lisez « Le mythe de la conversion végane instantané ».

6. Réalisez que les gens qui ne sont pas véganes pourraient accomplir d’autres grandes choses, que vous pourriez ne pas faire. Ils pourraient aider dans un refuge, être volontaires dans une organisation d’aide aux personnes, ils pourraient donner beaucoup d’argent pour la bonne cause ou autre. Et sachez que l’impact de leurs actions pourrait même être plus important que l’impact que vous avez en évitant les produits d’origine animale (Voir « Le fétiche d’être végane »).

7. Changez de perspective : pensez à une situation dans laquelle quelqu’un vous juge pour quelque chose que vous faites mal. Quelqu’un de plus végane que vous peut-être. Pensez à comment vous réagissez à ça. Essayez d’être honnête : vous pourriez penser que vous êtes Monsieur ou Madame Rationalité, qui admettra d’avoir tord et changera son comportement dans le cas ou vous auriez tord. Ca pourrait être vrai, mais ça ne l’est probablement pas.

8. Réalisez qu’essayer de ne pas être dans le jugement est une question d’efficacité et que si vous pouvez suspendre votre jugement, ce sera mieux pour les animaux, pour la personne que vous jugeriez et même pour vous.

Je vous souhaites (et à moi-même) bonne chance pour être moins moralisateur !

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