Sur la comparaison entre les droits des animaux et d’autres questions de justice sociale

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Les véganes et les animalistes font souvent des comparaisons entre le mouvement des droits des animaux et d’autres mouvements de justice sociale, comme les campagnes contre l’esclavage, les luttes féministes, etc.

Bien que ces comparaisons soient souvent de bonnes illustrations pour faire comprendre certaines choses aux gens ou leur faire voir la question animale sous un autre angle, je pense qu’en même temps, nous devons être prudents avec les comparaisons et non seulement voir les similitudes, mais aussi les différences.

Je pense qu’il y a en particulier un problème lorsque les gens utilisent le parallèle avec les causes humaines pour justifier de NE PAS se battre pour des améliorations progressives.

Voici un exemple :
Une activiste pragmatique se dit favorable à certaines réformes réglementaires, comme l’interdiction de la castration sans anesthésie des porcelets. D’autres (Francione et ses partisans « abolitionnistes », par exemple) contrent avec ce genre de propos (c’est une vraie citation) :

Quelqu’un préconiserait-il la régulation de l’esclavage sexuel des enfants ? Nous dirions tous qu’il est de notre devoir moral de défendre la FIN absolue de l’esclavage sexuel des enfants, et que les « améliorations » sont totalement inadéquates, et spécistes.

Les mêmes personnes peuvent aussi argumenter que « nous ne ferions jamais campagne pour un viol sans cruauté« , et « ce n’est aucunement acceptable d’avoir juste un mercredi sans violence envers les femmes » (en référence aux lundis sans viande).

Je pense que la comparaison ici est, au mieux, très bancale (et c’est le moins qu’on puisse dire). L’esclavage sexuel des enfants, le viol ou le fait de battre sa femme sont des choses que 99% des gens désapprouvent. Tuer des animaux pour se nourrir est quelque chose qu’un petit pourcentage de la population désapprouve tout au plus, et les autres ne se contentent pas d’approuver, ils le célèbrent. De toute évidence, les questions qui bénéficient d’un soutien public aussi radicalement différent exigent des stratégies différentes.

En général, je pense que nous devrions être prudents lorsque nous établissons des parallèles entre la question animale et d’autres luttes sociales (humaines). Ne perdons pas de vue les différences qui sont pertinentes. Lorsque nous les perdons de vue, cela peut nous aveugler et nous pouvons croire que nous pourrions appliquer exactement les mêmes tactiques ou le même style de communication, alors que de meilleures options peuvent être envisageables.

Également publié ici : https://questionsdecomposent.wordpress.com/2019/03/24/sur-la-comparaison-entre-les-droits-des-animaux-et-dautres-questions-de-justice-sociale/.

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