Gary Francione et les “abolitionnistes”

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Les militants et les organisations qui travaillent à créer un meilleur monde pour les animaux peuvent avoir différents objectifs. La façon la plus répandue de catégoriser ces militants et ces organisations est de le faire selon qu’ils veulent supprimer toute utilisation d’animaux pour l’alimentation, l’habillement, l’expérimentation, etc., ou bien qu’ils entendent conserver ces pratiques, mais en améliorant les conditions de vie des animaux utilisés. Le premier groupe veut abolir, le second veut réformer. Ainsi : les abolitionnistes s’opposent aux welfaristes, ou les droits des animaux s’opposent au bien-être animal.
Toutefois, cette catégorisation simple a été déformée.

Un groupe de militants, mené par le professeur Gary L. Francione, considère être les seuls abolitionnistes, et appellent beaucoup, voire tous les autres militants (qui sont pourtant eux-mêmes abolitionnistes) des “ welfaristes ” ou “ néo-welfaristes ”. Francione et ses partisans ne considèrent comme abolitionnistes que ceux qui se conforment à sa façon de communiquer à propos de l’abolitionnisme. Ainsi, de nos jours, le terme “ abolitionniste ”, se réfère souvent à Francione et ses partisans.

Prenons une organisation comme PeTA. On peut penser ce qu’on veut de PeTA (vous pourriez les considérer sexistes, sensationnalistes, etc.), mais leur but est clairement abolitionniste, dans le sens compris par la plupart des activistes et partisans des animaux. PeTA veut abolir toute utilisation des animaux par les humains. Le slogan de PeTA est clair  : “ Les animaux ne nous appartiennent pas et ne sont pas faits pour notre alimentation, notre habillement, notre divertissement ou nos expériences scientifiques ”. Contrairement à la plupart des gens, Francione considère PeTA comme une organisation “ néo-welfariste ” – en dépit du fait que son but affiché a toujours été d’abolir l’utilisation des animaux.

La justification de Francione pour ce genre d’abus verbal est que certaines des campagnes ciblées de PeTA sont réformistes : elles amélioreraient la vie des animaux mais, prises séparément, ne sont pas dirigées vers l’abolition de l’exploitation animale. L’utilité des campagnes réformistes n’est pas en cause ici. Le but final reste abolitionniste. Accuser PeTA, comme Francione le fait, revient à accuser Amnesty International d’être pro-enfermement de prisonniers politiques car, bien qu’ils cherchent à faire libérer ces prisonniers, ils font aussi campagne pour qu’ils soient mieux traités.

Le triste résultat est que de nombreux militants qui adhèrent à cette cette fausse division que Francione a créée, sont maintenant très critiques, voire ouvertement hostiles envers ceux qu’ils ne considèrent pas comme “abolitionnistes” selon leurs propres critères. Ils tempêtent et crient sur n’importe quelle organisation qui, bien que promouvant l’abolitionnisme, ne va pas, pour des raisons stratégiques, demander aux gens de devenir vegan, qui utilisent le mot “ végétarien ” au lieu de “ vegan ”, qui soutiennent les Lundi Sans Viande, les réformes du traitement des animaux, etc.

Ainsi, ces personnes pourtant bien intentionnées minent le travail des nombreuses organisations vouées aux droits des animaux et/ou véganes ou végétariennes, croyant qu’elles ne veulent pas mettre un terme à l’exploitation animale. Certains vont jusqu’à dire que ces organisations et tactiques font plus de mal que de bien.

“ Imaginez le Ku-Klux-Klan tenant une conférence sur les « Droits Civiques ». Je viens de recevoir un email me disant que je faisais “ partie des premiers invités à la Conférence Nationale sur les Droits des Animaux 2015 ». Une conférence tenue par et pour les grands groupes pro-animaux qui les ont en réalité trahis et sont devenus les partenaires de l’exploitation animale. Je vais passer mon tour. Ceux qui soutiennent de tels événements soutiennent l’exploitation animale. Cet événement n’a ****rien**** à voir avec les Droits des animaux. En fait, qualifier cet événement de « Droits des animaux » est comme appeler une convention du Ku-Klux-Klan un événement pour les droits civiques. ”

Voici une illustration de la perception et de la communication de Francione à propos des groupes qu’il vise, issue d’un post de sa page Facebook.

Dire que des groupes et activistes dévoués, bien intentionnés, et en général bien plus orientés vers les résultats participant à la Conférence sur les Droits des Animaux -à laquelle j’ai participé 3 fois- sont vendus à l’industrie, et les comparer au Ku-Klux-Klan n’est pas seulement indécent, c’est stupide, immature et, par-dessus tout, faux.

Également publié ici: https://veganforthem.wordpress.com/2015/03/17/gary-francione-et-les-abolitionnistes/.

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